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Publié par Philippe Pugnet

ASS-NAT.jpgManuel  VALLS, avec l’aplomb qui le caractérise, vient de s’offrir une belle publicité, de celle qui pourrait cimenter autour de lui le soutien d’un certain nombre d’élus mais pourrait également fragiliser une majorité politique, autour du Président.


En jugeant qu'il sera « très difficile » d'imposer, dès 2014, aux élus un non-cumul des mandats et qu’il fallait reporter à fin 2016, début 2017 (soit pour les prochaines élections législatives) une telle réforme, le Ministre de l’Intérieur vient au secours d’un certain nombre d’élus socialistes, et indirectement  de ceux de droite qui s’opposent farouchement à toute limitation du cumul des mandats.


Une telle prise de position pourrait prêter à sourire sauf qu’elle vient de déclencher l’une de ces polémiques dont on ferait mieux de s’abstenir.


A juste raison, le Premier secrétaire du Parti Socialiste, Harlem DESIR, vient de rappeler que le non-cumul des mandats est une exigence de rénovation de la vie démocratique, et a été notamment défendu par le candidat HOLLANDE dans son engagement n° 36.


Faut-il également souligner que c’était aussi un engagement fort de Martine AUBRY , qui dans sa lettre adressée le 28 août  dernier, aux parlementaires socialistes, citait les statuts du Parti  Socialiste: "Tout(e) élu(e) à une élection parlementaire abandonnera ses mandats exécutifs locaux dans un délai de trois mois après la tenue du scrutin. Il-elle devra avoir préparé avec le Parti les modalités de sa succession.". Hormis quelques rares élu(e)s socialistes qui appliquèrent cette disposition, la majorité d’entre eux firent la sourde oreille.


Pour bien marquer sa position, Manuel VALLS nous explique qu’une telle loi sur le non-cumul des mandats votée en 2013 « provoquerait plusieurs dizaines de démissions de députés qui choisiraient de garder leur mandat local ». « Ce serait une mini-dissolution » et « une faute ».


Que de certitudes chez le Ministre de l’Intérieur. Est-il d’ailleurs à ce point inquiet de l’efficacité de la politique du gouvernement auquel il appartient qu’elle provoquerait, en cas d’élections partielles, la perte d’un certain nombre de sièges ? La démocratie ne se renforce pas de ce genre de tactique.


Le non-cumul des mandats est un engagement politique fort, voulu notamment par les militants du Parti Socialiste qui n’accepteront plus longtemps de se voir méprisés, dans leurs votes, par des élus, qui, tôt ou tard, devront venir leur demander l’investiture.


Le non-cumul des mandats est une exigence de rénovation de notre vie politique souhaitée par ces millions d’électrices et d’électeurs qui, au mois de mai dernier, ont apporté leurs suffrages à François HOLLANDE.


Alors un report, voir un  renoncement, constitueraient une désillusion supplémentaire.

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