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Publié par Philippe PUGNET

europe

 

Je suis de cette génération d’après-guerre, imprégné toutefois  de cette triste période de part mes grands parents et mes parents. J’étais lycéen en mai 68 et le transistor à l’oreille je rêvais du grand soir.


J’étais ému  au soir du 10 mai 81 lorsque le visage de François Mitterrand apparût sur nos téléviseurs puis ce fut une nuit de liesse. Jeune responsable socialiste, je pensais qu’on allait changer la vie. La suite on la connait. Aujourd’hui je suis toujours socialiste car c’est ma famille politique et on ne la quitte pas en ces temps difficiles, même si j’avoue ressentir un certain dégout depuis hier au soir.


Il y eut le 21 avril 2002 : Lionel Jospin éliminé dès le premier tour de l'élection présidentielle au profit du leader frontiste Jean-Marie Le Pen. Il a fallu voter Chirac en se pinçant le nez ! Mais le 25 mai 2014 reste, pour moi, un séisme électoral comparable avec toujours un Le Pen en haut de l’affiche.


Bien sûr il ne s’agit pas d’une élection nationale, ont commenté certains, occultant de fait la portée réelle de cette tragédie électorale. C’est vite oublier que l’Europe demeure si ce n’est notre avenir, du moins notre lieu de vie commune autour de valeurs humanistes profondes qui devraient s’imposer naturellement. Mais le coup de massue de hier au soir, au-delà du malaise profond d’une très large majorité de nos concitoyens, traduit un rejet de cette classe politique incapable d’apporter des solutions à cette crise qui nous a été imposée.


Au lendemain de ce séisme démocratique une prise de conscience s’avère nécessaire. Comment redonner confiance dans nos gouvernants, soumis désormais à cette obligation de ne plus être les porte-paroles de cette pensée unique qui sclérose l’action politique ? Comment refonder une démocratie vivante qui tienne compte de cette nécessité de mieux vivre ensemble ? 


Le Parti Socialiste d’Epinay est mort hier au soir car il n’est plus à même d’apporter les réponses à ces questions.


Une nouvelle voie doit être tracée rapidement afin que le peuple de gauche puisse de nouveau se rassembler et imposer ses choix , non pas de réductions d’impôts ou autres pactes de responsabilité morts nés avant d’avoir vécu, mais en bâtissant le socle d’une nouvelle identité socialiste qui bouscule les tabous, les egos  et les conformismes afin de tenir ce discours de la vérité, condition de toute crédibilité, outil indispensable de la confiance retrouvée.

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