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Publié par Philippe PUGNET

hollande heureux

 

Depuis quelques jours, il est de bon ton, à l’instar de François Hollande, de se déclarer, pour certains, sociaux-démocrates. Vous avez dit social-démocrate, Monsieur Le Président ! Allons donc !

 

D’ailleurs avant de galvauder ce concept de social-démocratie, faudrait peut-être  en rappeler brièvement l’étymologie. Passons sur le fondement théorique de la social-démocratie qui remonte initialement aux principes formulés par Karl Marx, pour nous attarder un instant sur son sens plus large qui correspond à l’ensemble des mouvements politiques et syndicaux qui se sont organisés en 1882, au sein de la 2ème Internationale Socialiste et qui étaient partisans d’une société sans classe et à gestion collective des moyens de production et d’échange par les travailleurs. Après la révolution russe de 1917, les sociaux-démocrates se sépareront progressivement des communistes pour s’engager dans la pratique réformiste.


Un leurre qui sévit jusqu’à aujourd’hui car si " la social-démocratie de la fin du XIXe siècle en Europe repose sur la constitution d’un monde ouvrier organisé, avec des syndicats, des aides, une protection sociale " comme le souligne le sociologue Gérard Grunberg, il n’en demeure pas moins que Tony Blair, comme Gerhard Schröder, pour ne citer qu’eux, se sont clairement positionnés dans la fameuse 3ème voie, celle du social-libéralisme. N’était-ce d’ailleurs pas Tony Blair qui voyait dans l’alliance entre le socialisme et le libéralisme, le progressisme.


Avec sa main droite tendue au patron du Medef, la gauche occupée à tenir 10 milliards d’euros pour appâter les patrons dans ce pacte de responsabilité qu’ils revendiquent sans contreparties, François Hollande n’est pas un social-démocrate mais un social-libéral, comme l’était ce même Tony Blair qui se déclarait « le premier ministre du business ».


Et au-delà de ce pacte de responsabilité, c’est toute sa politique qui s’apparente à un social-libéralisme qui ne veut pas dire son nom, dans un pays où le technocrate de Bercy comme celui de Bruxelles continue à imposer ses choix ; où un Gouverneur de la banque de France, proclame, en toute impunité "vouloir scinder nos activités bancaires…c'est freiner le financement des entreprises, freiner les investissements, pénaliser l'épargne et réduire la croissance " ; où un président de groupe socialiste à l’Assemblée nationale se permet de déclarer que le gouvernement étudierait le gel de l’avancement et de la promotion des fonctionnaires dans le cadre des pistes d’économies budgétaires ; où le Medef,encore lui, demande,parmi ses propositions de réforme de l’assurance chômage, la fin du régime spécifique des intermittents du spectacle.


Que d’exemples encore parmi d’autres, passés et à venir ! Et l’on s’étonnera d’apprendre que selon un sondage de TNS Sofres, 34 % des français adhèreraient aux idées du Front national !


La social-démocratie reste une démarche politique qui nécessite courage politique, opiniâtreté, au service d’une volonté immuable, celle de créer les conditions qui garantissent " une société juste, où la logique de la réparation, propre à la social-démocratie traditionnelle serait étroitement solidaire d’une logique de prévention des inégalités sociales, à même de garantir un égalité de destins ", comme le soulignait, en son temps, Dominique Strauss-Kahn.


Mais là on ouvre un autre chantier, peut-être inaccessible pour l’hôte de l’Elysée, celui du réformisme radical !

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